En 2005, la boutiques de jeux Grenobloise Sastaka (malheureusement disparue depuis), organisait avec Jérémie Bonamant Teboul le premier figostage. Celui-ci s’est déroulé du 15 au 17 juillet 2005 au sein du pôle simulation de la MJC de Grenoble. À la demande de Sastaka, j’y ai participé pour couvrir l’événement.

Cet article en deux parties a été publié pour la première fois en 2005. Cette première partie que vous êtes en train de lire relate le déroulement de ce figostage. Le seconde est dédiée aux techniques vues pendant ce figostage.

Un figostage est un stage de peinture sur figurines. Le principe est simple : une douzaine de participants, une figurine, de la peinture, des pinceaux, des FigoSucettes et plein de techniques abordées par un maître du domaine sur trois jours.

Arrivée au Figostage

Le réveil est difficile mais tout le monde est là (D.Stankovski)

Pour ce figostage, nous avions 12 participants badigeaonneurs. Dans l’ordre autour de la table : Cyrile, Arthure, Pierre, David (qui n’a pas arrêté de râler comme quoi, l’huile, c’est mieux…), Joss (organisateur, PDG de Sastaka), Yannick, Jérémie (Maître peinturlureur), Darko (Chroniqueur de l’événement), Ileana (malade de service), Jérémie (un autre), Michaël, Benoît (qui a pas arrété de râler comme quoi, les Cryx, c’est mieux…) et Martin (Benjamin du groupe, quatrième place catégorie Youngblood au dernier Games Day français).

Le figostage est animé par Jérémie Bonamant Teboul qui s’est entre autres illustré à plusieurs Golden Demon. Dans son actualité, il était à la veille de publier son ouvrage Le Grand livre de la peinture sur figurine. Celui-ci reste un ouvrage de référence pour tous ceux qui souhaitent progresser dans la peinture pour figurines.

Jour 1

Grande inquiétude, grandes interrogations. Que va être ce FigoStage ? Qu’allons nous apprendre ? Doit on peindre ce truc en rouge ? Bonne nouvelle, l’installation électrique de la MJC ayant sautée face au déploiement de lampes en tout genre, cela nous laisse un répit et le droit à un petit déjeuner bien mérité.

Le materiel

La fig grenobloise.

Le Capitaine de la Garde Impériale (Asmodee)

D’abord le support. La figurine choisie pour ce FigoStage est le capitaine de la Garde Impériale, figurine Ilyade Games de l’univers des Chroniques de la Lune Noire.

Sa particularité est d’être une figurine en résine. En 2005, la résine était encore exceptionnelle dans un univers de figurines en métal blanc.

Le reste du matériel, c’est tout ce qu’on apporte ou que les futur ex-copains acceptent de nous prêter. Notre maître de cérémonie est bien entendu venu avec du le matériel « avancé », inconnu de certains d’entre nous.

Programme de la journée

Ilé en plein effort

Iléana, en pleine création de son chef-d’œuvre (D.Stankovski)

Le programme de ce stage suit la logique de création de notre chef-d’oeuvre du moment. Ceci commence par la préparation de la figurine : ébarbage et ponçage. On commence par le plus dangereux pour les doigts, mais personne ne s’est blessé pendant cette phase, on peut continuer.

Il faut ensuite combler les trous disgracieux résultants de la présence de bulles d’aire lors du moulage. En effet, les techniques de moulage de la résine utilisant une pompe à vide (contrairement à la centrifugation pour le métal). Malgré la qualité de moulageIl n’est pas rare que des bulles d’air se créent. Celles-ci sont comblées au Milliput. A ce stade, l’épée n’est pas collée afin de faciliter l’accès au plastron. Ainsi, la figurine est apprétée en deux parties.

Ébarbage de la figurine

Les figostagiaires en train d’ébarber leur figurine (D.Stankovski)

Une fois la préparation de la figurine achevée, on passe à la préparation pour la peinture. Pour cela, les bases (les couleurs de base de la figurine) sont posées. Ceci se fait par apposition successive de « filtres ».

La technique la plus originale découverte par un bon nombre de FigoStagiaires était le principe de la palette humide.

La première journée s’achéve donc sur la pose des bases. La salle étant occupée le soir par le club de jeux de simulations, certains en profitent pour peaufiner leur travail.

Jour 2

Joss et Jeremy

Comment Jeremy se débarrasse de ses figostagiaires (D.Stankovski)

Un peu dans le gaz, cette nouvelle journée commence sur le thème des ombres et lumières. Ceci va se faire en appliquant des filtres successifs qui vont peu à peu teinter la base. La première angoisse du néophyte acromatyque de l’œil survient à ce moment là : la teinte d’éclaircissement ou d’assombrissement peut être bien différente de la base, mais il ne faut pas oublier qu’elle ne va pas remplacer la base. En apposant de nouveaux filtres, l’idée est d’avoir une nouvelle tinte et non de remplacer la base.

Travailler les ombres et lumières signifie aussi placer la sources lumineuses. Plusieurs types d’éclairages existent : indirecte, général ou zénithal. C’est ce denier type qui a été abordé lors de ce FigoStage. Mais si il est facile de matérialiser ce concept, se pose aussi la question du type de surface. Ainsi, on va apprendre les termes barbares comme l’accélération entre les ombres et les lumières, en fonction du type d’arête. Vient aussi le problème de la texture de la surface. Une surface brillante a peu d’ombres, et les éclaircissements vont jusqu’au blanc. Par contre, les éclats de lumières ne sont présentes que sur les arêtes. De même, pour les métaux, on va aller du blanc au noir.

Jeremy démontre à Cyril

En peinture, les explications ne vaudront jamais une démonstration (D.Stankovski)

Alors tout ça, c’est de la théorie. La question est évidement comment qu’on fait ? Et bien il suffit de se souvenir de la composition du cercle chromatique, très important en fait pour les assombrissements. En effet, ceux-ci vont se faire non pas en ajoutant du noir, mais la complémentaire de la couleur de base. On va ainsi avoir plus de profondeur qu’un simple assombrissement au noir.

Reste, au sujet des compositions, à répartir correctement ses couleurs chaudes et froides. Les couleurs chaudes ont tendance à ressortir à proximité de couleurs froides. Elles dissimulent donc ces dernières et donc les parties froides de la figurine. C’est une manière de mettre en évidence certaines parties de la figurine.

Cette notion trouve sa place sur le sujet qui nous intéresse aujourd’hui. Ainsi, pour ombrer, on va refroidir les couleurs chaudes et réchauffer les froides. Enfin, on va également tirer la peinture, c’est à dire jouer sur le pouvoir couvrant et la dilution pour arriver plus ou moins à la couleur extrême de l’assombrissement.

Cette seconde journée s’achève avec un joyeux barbecue festif animé par l’organisation.

Jour 3

Pas frais, sentent encore le charbon chaud, les figoStagiaires s’attaquent à leur dernier jour. Celui-ci sera consacré aux parties métalliques de la figurine.

Ah, les parties métalliques, rien de mieux pour relancer le débat entre le Non Metallic Metal, ou NMM, et du True Metallic Metal, ou TMM. Réellement, c’est à chacun de décider. Les deux techniques peuvent avoir un rendu intéressant si elles sont utilisées à bon escient. Lors de ce FigoStage, c’est la technique du NMM qui a été abordée car il faut admettre qu’elle est mal maitrisée.

Les parties métalliques sur cette figurine sont le casque, l’épée et les bracelets.

Jérémie fait son propre reportage (D.Stankovski)

Les bracelets ont la particularité d’être horizontaux. Les éclaircissements seront donc sur le dessus. Cependant, ils ont sont séparés en trois sections. Il sera donc important de marquer chaque cran par un trait de lumière.

Le casque possède deux zones exposées à la lumière. La base, marquée par un trait de lumière, et le haut. L’effet bombé sera marqué en dessinant auréole de lumière. Pour ceci, on réalise un cercle d’éclaircissement là où est censée tomber la lumière. Puis ont fait un point de blanc en son centre. Ensuite, c’est parti pour les dégradés…

L’éclairage de l’épée est un petit peu particulier à réaliser. En effet, la lumière va éclairer un coté, il ne faudra alors pas oublier que la pointe dudit coté voit son angle évoluer. Ainsi, si ce coté de la lame est éclairé, la pointe et la base seront assombris. Par contre, toujours avec cette histoire d’angle, la pointe opposée sera éclairée.

La journée s’est conclue dans la bonne humeur malgré 3 jours intense. Les figoStagiaires sont repartis avec un zoli diplôme qui me permet de faire un trombinoscope exhaustif, mais surtout avec de nouvelles connaissances technique.

Ah oui, le gars en noir qui squatte toutes les photos, c’est Jérémie Bonamant. Il a absolument voulu être sur toutes les photos alors comme il a animé le stage, je n’ai pas pu refuser…

Et voila un week-end bien chargé qui s’achève…

 

Conclusion

Sur trois jours, ce stage de peinture aura été l’occasion de voir (revoir ?) les principales techniques de peinture de figurines et de repartir avec une réalisation de référence, c’est à dire celle qui suit toutes les étapes.

Néanmoins, ces techniques ne s’appliques tel quel qu’à des figurines dites de concours. Car passer 50-100 couches de peinture extrêmement diluée sur une surface n’est absolument pas rentable sur un régiment de 100 pièces. Les joueurs se permettront d’être moins rigoureux sur leurs armées et s’appliqueront surtout sur les héros ou quelques figurines qu’ils veulent mettre en valeur.

Un figostage est l’occasion de voir un expert montrer ses techniques de peinture (D.Stankovski)

Un figostage vaut-il la peine ? La réponse est simple : oui. Peindre ne devrait pas être une activité solitaire. Ceux qui fréquentent des clubs le savent, le progrès vient des échanges. Un figostage, c’est une formation où un expert vient expliquer, montrer et faire pratiquer des techniques. Le défaut est que ce type de stage est focalisé sur le savoir faire de l’intervenant. Mais celui-ci vous transmettra son expertise, vous fera pratiquer, vous corrigera. Il faut donc prendre un peu de recul sur la mise en avant de certaines techniques par rapport à d’autres et ne pas hésiter à faire des stages avec différents artistes ayant des techniques différentes. Cet article, je l’ai écris en 2005. 10 ans après, ce que j’y ai appris me sert toujours.

Pour aller plus loin

Lors de ce figostage, Jérémie était en cours de publication de son ouvrage de référence pour le peintre sur figurines, Le Grand livre de la peinture sur figurine. Ce dernier est récemment sorti en seconde édition. Cet ouvrage est exhaustif mais on peut lui reprocher d’être orienté figurines de concours. Les techniques conduisent certes à des résultats époustouflants, mais sont beaucoup trop minutieuses (et longues) pour les joueurs. Heureusement, un autre ouvrage récent leur est destiné, auquel Jérémie a participé, Le grand livre des Armées : Peintures sur figurines. N’hésitez pas à vous tourner vers ces ouvrages pour améliorer votre technique.

À propos de... Darko Stankovski

iT guy, photographe et papa 3.0, je vous fais partager mon expérience et découvertes dans ces domaines. Vous pouvez me suivre sur les liens ci-dessous.