J’avais abordé la question de la rentabilité des développements sur iOs et Android dans un précédent billet. À la vue des statistiques du site, cette question intéresse pas mal de monde. Le développement d’application mobiles a été présenté comme un El Dorado pour les développeurs. Il n’a qu’à écrire une app, et Apple ou Google se chargent de la mettre à disposition de leurs utilisateurs. Pas besoin de passer par un éditeur, pas de commercial ou marketeux à financer au passage… Mais la réalité des choses est bien loin d’un monde tout rose où quelques lignes de code vous apportent la fortune. Et malgré toute la bonne volonté et compétence qu’on peut mettre dans la réalisation d’une application, son rendement n’est pas garanti.

Les règles de base

Une première leçon à tirer est que commercialiser une application mobile ne déroge pas aux règles de base de la vente. Parmi celles-ci, il faut avoir un bon Business Plan. Dans ce Business Plan, il faut savoir cibler l’environnement le plus rentable. Flurry, société spécialisée dans le marketing d’applications mobiles a publié un post intéressant sur le sujet en fin d’année dernière. Pour situer, ce post a été publié peu après la conférence Le Web où Eric Schmidt annonçait la suprématie des développements sur Android et au moment où Android occupait aux US 46 % des parts de marché des Smartphones contre 28 % pour Apple.

L’étude

Il ressort de leurs publication que sur l’année 2011, il y aurai 3 fois plus de nouveaux projets iOs qu’Android avec un intérêt pour Android qui aurai chuté de 37% au premier trimestre (Q1) à 25/27 pour les trois autres. Mais l’information la plus intéressante sur la rentabilité vient de leurs données sur l’In-App purchase, donnée qui vient compléter le précédent article qui se basait sur la rentabilité des ventes. Il s’avère ainsi que pour $1 généré sur iOs, l’éditeur en génère $0,24 sur Android. D’un simple point de vue rentabilité, iOs serait 4 fois plus rentable que Android pour l’In-App Purchase.

Discussion autour des chiffres présentés

Toute étude est toujours discutable. Tous chiffres peuvent être contestés. Que penser des chiffres avancés ?

Le nombre de nouveaux projets

Vu le nombre d’applications proposées sur l’Android Market et l’Apple Store, le ratio de 1/4 nouveaux projets semble le premier contestable. Notons cependant que Flurry prend comptabilise les applications qui utilisent leur SDK, donc qui font appel à leurs services. Nous parlons donc d’éditeurs avec une certaine envergure, pas le petit développeur. Basé sur ces chiffres, je dirai pour ma part que les entreprises qui font appel aux sociétés de marketing pour promouvoir leurs applications privilégient iOs (d’après Flurry, on parle de 55 000 sociétés, ce qui peut être considéré comme caractéristique).

La rentabilité

D’après l’article, la comparaison de rentabilité se ferait sur les applications présentes à l’identique sur les deux plate-formes. Sans beaucoup plus de détails (notamment quels applications, quel type, quel publique), on peut quand même considérer que cette comparaison est parlante. Elle va ainsi dans le sens de mes conclusions précédentes : le publique Android est moins un consommateur d’applications ou de services contenus dans les applications que son homologue iOs. Pour ma part, je suis en désaccord avec une partie des conclusions de Flurry, notamment à propos du fait que la création du compte Apple nécessite la saisie de coordonnées bancaires et donc favorise la consommation. Lorsque mon ancien employeur m’a équipé d’un iPhone, j’ai créé un compte, cependant, Apple n’a toujours pas mes coordonnées bancaires… Alors une majorité doit le saisir mais je doute que ça en fasse des consommateurs impulsifs.

Conclusion, vers quelle plate-forme s’orienter ?

Pour la fin 2011, tous les indicateurs concordent : Android équipent peut être la majorité de la population, mais c’est sur iOs que la rentabilité est la plus importante. Est ce que ça veut dire que si on souhaite rentabiliser son application, il faut viser iOs ? Évidemment non, pas d’une manière aussi absolue. Gardons ces chiffres à l’esprit. Mais sachons prendre en compte d’autres paramètre : votre cible est elle sous Android ou iOs ? La plate-forme répond elle à vos ambitions techniques ? Cependant, si rien ne distingue les deux plate-formes, alors iOs serait encore le meilleur choix. Mais attention à nouveau : choisir la voie annoncée la plus rentable ne signifie pas que vous rentabiliserez votre application ! Tout le travail de Marketing et de promotion reste à faire. Car même si vous êtes sur la plate-forme la plus rentable, si vous n’arrivez pas à convaincre les utilisateurs d’utiliser votre application, vous ne gagnerez rien.

Si vous êtes d’accord ou non avec ce type d’études ou les conclusions, je serai heureux de lire votre retour.

À propos de... Darko Stankovski

iT guy, photographe et papa 3.0, je vous fais partager mon expérience et découvertes dans ces domaines. Vous pouvez me suivre sur les liens ci-dessous.