Aujourd’hui, c’est les résultats du Bac. Mais la semaine dernière, j’ai découvert la pétition de l’année sur l’épreuve de mathématiques. Celle-ci dénonce la difficulté du sujet de cette année et s’illustre en ayant réuni près de 100.000 signatures.note bienveillante

Honnêtement, ne connaissant pas le programme (les Kids sont encore loin du Bac), je n’ai aucune capacité pour en juger si ce reproche est justifié. Cependant, c’est les arguments qui m’inquiètent et en particulier le reprocher de la nécessité de raisonner pour résoudre les exercices.

On peut relever beaucoup de choses dans cette pétition, mais c’est en particulier ce passage qui a retenu mon attention :

les candidats […] restent dans l’incompréhension face à un examen qui est censé amener les élèves à composer sur le programme enseigné et travaillé tout au long de l’année et non sur des notions abstraites relevant de l’hors programme et de capacités de raisonnement auxquelles nous n’avons pas suffisament été entraînés.

Les mathématiques sont pas nature une matière nécessitant une capacité d’abstraction et de raisonnement. Il ne s’agit pas de réciter des formules apprises par cœur ou de dérouler une démonstration vue en cours. Le programme sur l’année sert à acquérir ces capacités, pas à être le catalogue des questions du Bac que l’on va répéter machinalement. L’acquisition de cette capacité est essentielle pour la suite des études (on parle de la filière S) car dès la première année, il sera demandé aux étudiant d’y faire appel.

Si près de 100.000 candidats se sont sentis en difficulté, il y a certainement un problème. Je ne vais pas faire mon vieil aigri reprochant à cette génération Y une passivité et un attentisme. Je pense qu’il s’agit bien d’un problème lié à notre système d’éducation.

Et je ne me limite pas ici à l’Éducation Nationale. Je l’observe également en formation où  je n’ai pas des étudiants mais bien des professionnels expérimentés. Et pourtant, en formation technique, les exercices où il faut mettre en place une solution plutôt que dérouler quelque chose d’attendu posent des difficultés.

Je pense sincèrement que l’origine vient de notre système éducatif et son contrat didactique. C’est lui qui influe sur le comportement de l’apprenant face aux attentes d’un examen. Mais j’admet qu’il est difficile d’acquérir une connaissance et la capacité à s’en servir.

Programmation et raisonnement

Notre système n’est certainement pas le seul à souffrir de cette situation. C’est en tout cas ce que l’on peut se dire à la vue de certaines initiatives internationales comme Hour of Code. Une des motivations principales dans l’enseignement de la programmation n’est pas d’apprendre à programmer mais à définir comment traiter un problème. C’est d’ailleurs une approche très différente d’un examen en mathématiques. L’examen de mathématiques consiste à donner la réponse, celui de programmation consiste à donner la démarche qui donnera la réponse (le programme apportant la réponse).

C’est la principale raison pour laquelle j’essaye via ce blog de vulgariser son apprentissage. On se fiche de la programmation en elle même. Finalement, elle n’est qu’un support.

Jeux et abstraction

La relation entre les jeux de société et les mathématiques est évidente : les jeux comportement une certaine part de hasard. De manière passive, on peut dire la chance. Mais en réalité, c’est des statistiques et des probabilités. C’est la capacité de transformer les données statistiques en probabilités et les maîtriser qui peut donner un avantage non négligeable à un joueur.

La relation entre l’enseignement scolaire des statistiques et l’application dans les jeu n’est pas évident au début, principalement parce qu’il faut adapter la théorie à cette application. Il faut arriver à abstraire les concepts du jeu pour déduire quelle règle théorique appliquer.

Contrairement à la programmation, je ne vais pas écrire que sur ce blog, j’aborde le sujet des jeux pour promouvoir l’enseignement des statistiques 😉 Cependant, je veux montrer que les jeux ne doivent pas être vus uniquement comme un passe-temps futile.

 

À propos de... Darko Stankovski

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