Apple a publié Photos il y a presque 5 ans, abandonnant en même temps les logiciels iPhoto (destiné au grand public) et Aperture (destiné aux professionnels). Si Photos a rapidement offert toutes les fonctionnalité qu’un utilisateur d’iPhoto pouvait attendre, il n’a jamais pu égaler Aperture pour la gestion de la photothèque. En conséquence, nous sommes quelques uns à avoir conservé Aperture comme outil de gestion de photothèque. Il faut dire que trouver une alternative est compliqué et après tout, il fonctionne toujours.

Mais ça, c’était avant. Avec la mise à jour Catalina, Aperture est devenu de l’historie ancienne. Il est temps de passer à autre chose. Le passage à Lightroom a largement été présenté sur le web. Ici, je vais m’intéresser au passage à Photos.

Avant de poursuivre, disons le tout de suite : Apple Photos est un excellent logiciel. C’est un logiciel parfaitement adapté aux usages modernes en permettant la synchronisation entre vos différents devices (pour peu que vous ayez plein de produits Apple). Le problème de Photos est assez spécifique.

Le problème, c’est le catalogue

La raison principale pour laquelle je suis resté sur Aperture, c’est pour la gestion du catalogue et de certaines métadonnées. Aperture était adapté à la gestion de gros catalogues comme peuvent en avoir les photographes amateurs ou professionnels qui préfèrent le RAW.

La gestion des photos avec ces logiciels

Avant d’aller plus loin, un petit rappel de comment Aperture, mais également Photos, gèrent les photos. Une photo au sein de ces logiciels peut avoir deux statuts différents : gérée ou référencée. Gérées, elles sont incluses dans une photothèque, c’est à dire un répertoire contenant photos et leurs métadonnées et géré automatiquement par le logiciel. Référencées, elles sont dans l’arborescence que vous avez choisi, le logiciel ne conserve alors que la localisation des images.

Les deux systèmes ont des avantages et des inconvénients. L’avantage du mode géré est que vous n’avez pas à vous soucier de la gestion des photos dans vos répertoires. En contrepartie, vous laissez le logiciel libre de les ranger comme il le souhaite et en cas de dysfonctionnement, s’y retrouver dans les fichiers sera assez pénible. Un autre défaut est que la photothèque est considéré comme un volume unique. Vous avez donc besoin d’un disque de taille adaptée.

Dans le cas de photos référencées, vous êtres libres de les ranger comme bon vous semble sur les arborescences que vous souhaitez. Cet avantage est son propre inconvénient car vous devrez vous assurer que les fichiers sont accessibles et qu’ils sont bien supprimés si nécessaire.

Les workflows photos avec Aperture

Un concept très important pour les photographes, c’est le fameux Workflow… Un workflow, c’est simplement le flux de travaux, mais en anglais, ça fait mieux. Et pour le sujet qui nous concerne, la question, c’est la gestion de la photothèque.

Aperture était adapté à la gestion de photothèques volumineuses. Avec tous mes RAWs, j’ai près d’un To de photos. Bon, il y a du laisser-aller et donc du déchet, mais même en nettoyant le tout, la photothèque serait bien plus volumineuse que les disques des MacBooks standards (250 à 500 Go).

Mes photos (les fichiers) sont donc stockés sur un NAS (Network Access Storage), un disque dur sécurisé accessible en réseau. Elles sont donc référencées. Lorsque je ne suis pas connecté à ce disque, Aperture conserve une copie basse résolution. Techniquement, Photos permet la même chose.

Mais il y a mieux : si j’ai besoin de travailler sur un extrait de ma photothèque sans connexion, je peux exporter cet extrait sous forme d’une photothèque gérée, travailler dessus (développer les photos, modifier leurs métadonnées) puis importer cette photothèque afin d’intégrer ces modifications à ma photothèque de référence. Ça, Photos ne le permet pas.

Enfin, deux petits détails. Dans le cas de photos référencées, si vous devez déplacer votre arborescence, Aperture permet plus facilement de reconnecter des photos. Aperture a aussi un meilleur outil pour géo-localiser les photos.

Une évolution d’usage

Aperture était un outil adapté aux photographes. Comme vous avez pu le voir, capable de gérer des photothèques volumineuses. Photos s’est adapté à l’émergence de la photo mobile et du Cloud. Photos permet ainsi de retrouver la même photothèque sur iPhone, iPad ou Mac. Il y a cependant une contrainte : les photos en question doivent être gérées. Vous voyez venir le problème de la taille du disque. Alors Apple a sa solution : iCloud. iCloud est destiné à être l’hébergeur de vos photos et Photos gère les volumes réels occupés sur vos disques (aussi bien d’iPhones, iPads ou Macs). Du coup, plus votre volume est élevé, plus vous devez prendre un abonnement iCloud cher (2,99 € pour 200 Go ou 9,99 € pour 2 To). Ajoutons à cela que puisque les photos ne sont pas forcément sur votre disque, lorsque vous avez besoin de travailler dessus, il faut la télécharger, en fonction de la connexion, ça peut être problématique.

Migrer vers Photos : une nouvelle photothèque

Pour cet article, je vais considérer le cas où nous allons créer une nouvelle photothèque Photos. Vous pourrez par la suite utiliser cette photothèque de manière indépendante à coté de la photothèque Photos système ou l’activer en tant que photothèque système.

Migrer la photothèque

La migration à partir d’Aperture est assez simple, Apple Photos fait le job. Attention cependant, si en théorie cela fonctionne sur n’importe quel système à partir de la photothèque Aperture, il semble qu’il y ai quelques bugs avec Catalina. Faites donc la migration avant de mettre à jour.

Avec une grosse photothèque, ça peut être long. Une fois la migration achevée, voici comment nous retrouvons nos informations dans la photothèque Photos :

  • Les photos conservent leur statut, géré ou référencé.
  • L’identification des visages est conservée.
  • Les notes (étoiles, rejet…) sont devenus des tags.
  • Les photos marquées (flag, drapeau) sont affectées à un album dédié.
  • Les autres métadonnées (tags, géolocalisation) sont conservées.
  • Les projets sont devenus des albums regroupés dans un dossier Évènements iPhoto et les dossiers éventuels Aperture sont des sous-dossiers.
  • Les albums restent des albums
  • Les albums intelligents sont conservés dans la mesure du possible. Ceci signifie que certains critères n’ont pu être conservés (comme le classement, par exemple « supérieur ou égal à 3 »), ils sont supprimés ou un autre critère similaire est appliqué. Dans ce cas, le titre de l’album indique qu’il y a eu modification.
Après migration des albums intelligents, lorsque les critères sont modifiés, c’est signalé.

Au final, la migration se passe bien. Pour le plus important, on retrouve ses photos et les métadonnées principales. Si il y a une déception non attendue, elle concerne les albums intelligents où on se rend compte de la pauvreté des critères par rapport à Aperture (impossible de prendre en compte des données EXIF par exemple). Mais ça, c’est une autre limite de Photos, tout comme l’absence de certaines métadonnées (IPTC, celles où on indique les informations légales).

Pour ma part, j’ai fait cet essai mais n’ai pas fait la migration définitive. Je vais travailler avec deux photothèques et vous expliquerai prochainement comment.

À propos de... Darko Stankovski

iT guy, photographe et papa 3.0, je vous fais partager mon expérience et découvertes dans ces domaines. Vous pouvez me suivre sur les liens ci-dessous.