En ce dernier cycle d’activités périscolaires, Kid 1.9 fera du numérique. Bon, pas de risque qu’il devienne un Hacker, l’activité relève plus du multimédia avec le projet de réalisation d’une vidéo sur les NAP. Le projet est sympathique mais ça m’a incité à me replonger sur la situation de l’enseignement du numérique en France.

Bonne période, entre les questions sur les voitures autonomes, l’Intelligence Artificielle, les robots et à la veille de la mise en action du RGPD : comment nos Kids s’intégreront dans le monde de demain ? 

L’informatique scolaire à l’époque du Plan Numérique

Depuis la rentrée 2016, le plan numérique est lancé. Celui-ci a pour objectif de Mieux préparer les élèves à être acteur du monde de demain.Deux enfants devant un dessin animé

Ce plan est composé des trois axes suivants :

  • développer des méthodes d’apprentissages innovantes pour favoriser la réussite scolaire et développer l’autonomie
  • former des citoyens responsables et autonomes à l’ère du numérique
  • préparer les élèves aux emplois digitaux de demain

Ces trois axes ont la qualité d’être réalistes en ne limitant pas le numérique à la programmation ni à la bureautique mais en prenant en compte les différents aspects du numérique.

L’intention est belle, mais comment est-elle mise en pratique ? Tout commence par une formation des enseignants. Vient ensuite l’équipement des écoles.

La formation annoncée doit être de 3 jours par an puis des formations au niveau de l’établissement et des formations à distance. Je ne suis évidemment pas capable de juger de l’efficacité de ce qui est mis en place. Cependant, j’anime des formations d’initiation à la programmation qui durent deux jours et qui sont destinées à un public demandeur. Je suis loin d’avoir des stagiaires capables de transmettre. Que peut-on attendre d’un public pour qui ce n’est pas l’activité ?

Cet enseignement nécessite également un équipement adéquat. Fin 2016, la FCPE nous avait informée qu’il n’y a plus que 6 ordinateurs qui fonctionnent à l’école du Kid… Sachant que les classes sont en moyenne à 26 élèves, cela signifie 1 ordinateur pour 4 élèves. Vous vous représentez l’efficacité de la super-configuration frustrante où un élève manipule et 3 autres regardent ? On y est. Dans notre cas, dans un premier temps il n’y a pas eu de remplacement de matériel du fait de la sécurisation des écoles de la ville puis l’école a eu une dotation de tablettes.

Globalement, ce plan numérique est une belle annonce avec une réalité toute relative sur le terrain. La disparité entre les écoles qui ont la compétence et la dotation et les autres entraînera un déséquilibre évident. La motivation des enseignants est primordiale, car il faut admettre qu’il y a des ressources mises à disposition. Mais elles nécessitent l’appropriation par les enseignants qui ne sont pas forcément accompagnés. Ainsi, l’efficacité de ce plan numérique est déjà mis en doute (voir NextImpact ou le Café Pédagogique).

Le digital après une heure de code

Don’t Just Play on Your Phone, Program It (B. Obama)

C’est au mois de décembre que prend place le mouvement international Heure de Code . Ce mouvement mondial a pour objectif de démystifier la programmation et promouvoir l’apprentissage des sciences informatiques. L’idée est que la connaissance de la programmation contribue à acquérir des compétences de résolution de problèmes, de logique et de créativité.

Les activités Hour of Code en 2014 où vous devez aider Rey et BB-8.

En 2016, 163.665 évènements Heure de Code ont été organisés de par le monde avec 486 en France. En 2017, c’est 154.145 événements pour… 295 en France. En comparaison, nos voisins espagnols en ont organisés 1.196 en 2016 (880 en 2017), nos voisins britanniques, 1.420 (1.376 en 2017) et nos voisins italiens… 29.554 (30.462 en 2017). À titre de comparaison, la Californie en a organisée 6.883 (7.171 en 2017).

Bien entendu, cet événement n’est pas à lui seul représentatif de l’implication d’un pays dans la vulgarisation du numérique. Il faut bien communiquer sur son existence organisé principalement de manière bénévole. Mais en soi, il est le reflet de l’implication périscolaire dans le numérique.

Aux États-Unis, l’événement a été activement promu par Barack Obama en 2013 puis par sa participation en 2014 . En 2016, c’est Justin Trudeau, le Premier Ministre canadien qui a servi de porte-parole. En France…

Carte des évènements Hour of Code en 2017.

Et bien en France, lorsque les médias en parlent, il est intéressant de voir l’opinion publique comme dans les commentaires de cet article du Monde en 2014 où certains veulent toujours voir en cette activité un certain élitisme. Quand à l’implication des politiques, il faut attendre le 13 mars 2018 pour leur sensibilisation lors d’un coding apero.

Est-ce qu’on veut continuer à être une grande puissance ou est-ce qu’on veut regarder les trains passer ? (Serge Abiteboul, chercher à l’ENS Paris et directeur de recherche à l’Inria)

Est-ce inquiétant ? Ces dernières années, nous avons vu des avancées dans les voitures autonomes, dans la robotique et dans l’Intelligence Artificielle, avancées qui lèvent des questions comme notre cohabitation et les emplois. Une compétence dans le numérique et une sensibilisation dans la programmation sera de plus en plus indispensable, pas uniquement pour trouver un emploi (que sera le monde du travail lorsque nos primaires y accéderont dans 8 à 15 ans ? ) mais pour comprendre le monde qui les entoure.

Bilan

Alors que l’actualité liée au numérique est de plus en plus présente, j’ai l’impression que nous négligeons la sensibilisation des Kids dans ce domaine. La critique peut être facile mais il faut accepter que l’Éducation Nationale est une institution qui a une énorme inertie. Comme pour beaucoup de domaines, la sensibilisation devra se faire à la maison ou en activité.

À la maison, ne soyons donc pas en lutte contre le temps d’écran mais évitons la passivité. Plutôt que de consommer des vidéos, incitez les à en créer. Plutôt que de jouer, incitez les à en créer. Il n’y a pas besoin de grand chose : smartphone, tablette, ordinateur, beaucoup de choses sont possibles. Allez voir ce que l’on peut faire avec des outils comme Scratch ou un Raspberry Pi.

Moi pour ma part, je vais essayer de vous aider avec un ensemble de ressources.

Let’s make.

À propos de... Darko Stankovski

iT guy, photographe et papa 3.0, je vous fais partager mon expérience et découvertes dans ces domaines. Vous pouvez me suivre sur les liens ci-dessous.