Chaque photo numérique est un fichier, chaque fichier porte un nom. Globalement, on peut se contenter de conserver le nom par défaut attribué par le périphérique de numérisation. Ceci suffit en théorie car le nom, ayant une composante incrémentale, permet de retrouver ses fichiers (ses photos) par ordre croissant. Sans faire intervenir toutes les théories du rangement de fichiers de ce type, cette méthode est pleinement satisfaisante. Mais la théorie s’arrête aux limites réelles et technique de cette méthode, que nous allons voir dans ce billet.

Le contexte

Un problème récurent de tout bon photographe est de bien nommer ses photos. Pourquoi modifier le nom par défaut du fichier si on a un bon système de classement ? Pour moi, il y a deux raisons :

  • La limite des noms : si on prend les appareils Canon, les noms de fichiers suivent le format IMG_XXXX.JPG, où XXXX va de 0001 à 9999 (0000 n’est pas une valeur possible). Que se passe-il lors que vous venez de photographier la photo enregistrée sous le nom IMG_9999 et que vous appuyez sur le déclencher ? Le compteur se réinitialise et vous prenez le cliché IMG_0001. Résultat, vos répertories configurés par défaut pour afficher les fichier par ordre de leur nom, afficheront les photos IMG_0001 et suivantes avant celles prises précédemment.
  • L’utilisation de plusieurs appareils : si on a un répertoire avec des photos prises par divers appareils, le classement est très aléatoire pour ces mêmes problèmes de noms. Sans compter qu’il peut y avoir des redondances si des photos portent le même nom.
  • L’identification unique d’un fichier. Les photos numériques restent des fichiers et si pour une raison ou pour une autre, on souhaite faire référence à l’une d’entre elles, il est préférable d’éviter toute ambiguité.

Comment s’organiser dans ce cas ? Il n’y a pas de solution universelle, mais voici une solution qui me convient bien.

Utiliser l’horodatage

Petit rappel sur les métadonnées EXIF

Les photos au format jpg prises par les appareils photo numérique possèdent ce qu’on appèle des métadonnées, au format EXIF. Il s’agit de données ajoutées au fichier lors de sa prise de vue et contenant des informations sur ladite prise de vue. Ces données ne sont pas visibles sur l’image mais sont accessibles par la plupart des logiciels de visualisation d’image. Parmi ces données, il y a l’horodatage de la prise de vue (jour, mois, année, heure, minute, seconde). Cette donnée va être exploitable pour nommer les fichiers, évidemment à condition que l’horloge de l’appareil a bien été réglée. Il est possible évidemment de corriger cet horodatage en estimant le décalage, mais je ne traiterai pas ce sujet dans ce billet.

Deux petites notes à ce sujet : il est aujourd’hui inutile d’insérer ces horodatages affreux aux prises de vue car cette information est présente dans le fichier. Pas la peine donc de gâcher vos clichés en y insérant la date de prise de vue. Ensuite, cette information est aussi utilisable pour la géolocalisation si vous utilisez un GPS lors des prises de vue. La géolocalisation des photos est réalisée en rapprochant la date de prise de vue du cliché de la trace enregistrée par le GPS.

Exploitation de l’horodatage pour le renommage

Pour utiliser ces données, un logiciel fait très bien l’affaire : exiv2. Exiv2 existe sous Linux et un exécutable a été créé pour Windows. Il s’agit en fait d’une bibliothèque pouvant être utilisée dans des programmes, mais il est également utilisable directement en ligne de commande. Le plus simple est de saisir la commande suivante qui nous affiche ce type d’informations :

 

On voit déjà les geeks écrire un script à coup de grep et awk pour récupérer la valeur de date… Que néni, il y a bien plus simple… exiv2 possède l’option rename qui renomme le fichier en fonction de la date. Ainsi, appliqué sur ce fichier pris le 17 octobre 2010 à 2 heures 27 du matin (oui bon… 🙂 ), exiv2 rename IMG_4144.JPG le renommera en 20101017_022725.JPG. Évidemment, cette commande est applicable à tout un ensemble de fichier par exemple exiv2 rename *.JPG

C’est presque bon, mais pas parfait. Primo, le format ne me convient pas. Deuxio, si plusieurs clichés ont été pris à la même seconde (vive la rafale), exiv2 voudra les renommer avec le même nom…

Gérer les noms identiques

En fait, c’est très simple et pris en charge par exiv2. Il suffit de rajouter l’option -F qui rajoute un _1_2… au fichier suivant, sans rien demander. En fait, sans option, si le nom existe déjà, exiv2 demande quoi faire, pas pratique pour les scripts. Voila donc, il suffit d’exécuterexiv2 -F rename *.

Gérer le format de sortie

Ce n’est pas beaucoup plus difficile : il suffit d’indiquer le format souhaité en suivant le format accepté par strftime. Ainsi, si je veux avoir le nom du type MARTINIQUE_100712-121732.jpg pour spécifier mes photos en Martinique en juillet dernier, la commande est exiv2 -r’MARTINIQUE_%y%m%d-%H%M%S’ -F rename *.

Conclusion

Voila donc un logiciel tout simple d’utilisation qui permet de gérer très facilement le nom de ses photos. Très pratique pour ses photos perso, il trouve sa place aussi pour la photo plus pro car il est utilisable de la même manière avec les formats Raw. La seule contrainte est de s’assurer que l’horodatage est correcte.

À propos de... Darko Stankovski

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