Greenheart Games, studio indépendant est l’éditeur du jeu Game Dev Tycoon. Dans ce jeu de gestion, vous êtes à la tête d’un studio de développement qui doit prospérer sur le marché du jeu vidéo. Une particularité de ce jeu est qu’il est disponible sur Windows, Os X et Linux, qu’il ne contient pas de DRMs ni de composante sociale, ni de monnaie virtuelle indispensable pour la progression. Un bon vieux jeu de gestion à l’ancienne.

On commence dans son garage dans les années 80...
On commence dans son garage dans les années 80…

Patrick Klug, qui est à la tête de la société, a pris les devant face au risque de piratage de son jeu et a publié lui même une version crackée de Game Dev Tycoon. Il a publié hier un retour fort instructif sur le sujet.

Déroulement de l’histoire

Peu de temps après la mise en ligne du jeu, Patrick Klung a mis à disposition un torrent vers une version crackée du jeu. D’après lui, il a suffit de quelques minutes pour saturer son upload.

Évidemment, la version publiée par Patrick Klug est différente de la version légale et a pour but de sensibiliser aux problèmes du piratage. Il y déjà eu des actions similaires, mais aucune d’aussi subtile.

Dans cette version, après un certain temps de jeu, le joueur aura des difficultés à vendre. Un message finira par apparaitre pour l’avertir que ses jeux, bien notés et de bonne qualité, sont piratés et les revenus sont en chute.

Le message fatidique...
Le message fatidique…

La suite est un summum de l’ironie. Les joueurs ont posté des demande d’aide en ligne avec des questions aussi attendues que « Pourquoi autant de gens piratent ? Cela me conduit à la ruine !« .

Why are there so many people that pirate? It ruins me!

On appréciera le « Not Fair! » dans cette même intervention…

Patrick Klug en a répertorié certaines dans son billet, je vous invite à le consulter.

Ce que l’on peut en tirer

Outre le coté amusant de l’histoire et le buzz généré, la conclusion  reste qu’au bout de leur première journée de mise en ligne, plus de 90% des joueurs sont sur des versions illégales.

Cette expérience a montré que placé de l’autre coté de la barrière, le pirate a conscience de son impact. Outre la citation précédente, une autre tout aussi intéressante est « Il ne sert à rien de créer un nouveau moteur de jeu car le jeu révolutionnaire qui en résultera sera piraté et je ne serai pas en mesure de compenser mes dépenses.« 

There’s no point in inventing a new engine because the revolutionary game made out of it will get pirated and I will not be able to cover my expenses.

Est ce que cette aventure va inciter les pirates à se procurer une copie légale ? Certains peut être, mais majoritairement, je n’y crois pas. Les réactions que l’on voit généralement sont que ceux-ci sont blessé dans leur amour propre et se révoltent encore plus face à l’éditeur.

Ca vous rappelle votre lieu de travail ?
Ca vous rappelle votre lieu de travail ?

De toutes manières, l’expérience des grands studios montre que cette population de pirate n’est pas composée d’acheteurs potentiels. Si la majorité des gros studios ont ajouté une composante sociale, c’est justement pour rentabiliser cette population : vous ne payez pas pour jouer ? Alors vous allez participer à la promotion du jeu.

Dans la pratique, des éditeurs tel que Gameloft se tournent vers du tout Freemium. Leur retour montre que ce modèle leur est plus rentable. Après tout, si il était possible de débloquer la situation de Dev Game Tycoon en payant à ce moment, certains seraient probablement passé à la caisse. Le plus dramatique est certainement que cet épisode montre qu’il faut prendre l’orientation des gros éditeurs. Il y aura toujours du piratage, là dessus, Patrick Klug en est conscient. Lui a choisi d’informer en espérant que les joueurs prennent bonne conscience. Voyons quelle sera la suite ce cette aventure.

En conséquence, pour les développeurs qui s’inquiètent du piratage, il y a globalement 4 choix :

  • Ne rien faire, accepter qu’un certain nombre utilisent votre application sans aucun retour pour vous. Vous pouvez les sensibiliser pour les inciter à acheter votre application, c’est ce qu’a choisi de faire Greenheart Games.
  • Utiliser des DRMs ou toute autre technique pour empêcher les utilisateurs de copies illégales de lancer l’application, c’est ce qu’un des pirates souhaitait faire. Cette solution peut ternir votre image car les pirates insatisfaits feront du bruit négatif sur vos produits.
  • Exploiter cette population ce qui signifie de manière la plus simple à ajouter une composante sociale où ils feront la promotion de l’application. Dans la pratique, la population des pirates n’est pas celle de vos clients, mais leurs amis, peut être.
  • Proposer le jeu gratuitement, mais faire payer la progression. Il est plus difficile de contourner ce type de mécanisme que d’empêcher les copies pirates. Il est aussi plus facile de faire payer quelqu’un pour continuer à utiliser un produit que de le faire payer pour commencer à utiliser un produit.

Bien entendu, il est possible de combiner certaines de ces options.

Que pensez vous de cette action de Greenheart Games ? Pensez vous que cette action soit bénéfique pour eux ?

À propos de... Darko Stankovski

iT guy, photographe et papa 3.0, je vous fais partager mon expérience et découvertes dans ces domaines. Vous pouvez me suivre sur les liens ci-dessous.