Il y a quelques temps, on s’amusait presque de l’ampleur que prenait le sexisme chez les Geeks. On parlait de jeux, conventions, Comics, que des trucs futiles quoi. Le mois dernier, on a pu avoir la démonstration que ce sexisme pouvait prendre des proportions bien plus importantes et toucher le milieu professionnel. Et celui par qui le scandal arrive n’est autre que le plus gros réseau social professionnel, LinkedIn.

Le mois dernier, l’agence Toptal, plate-forme de développeurs en a fait les frais. La raison ? Il est impensable qu’une femme séduisante puisse faire du développement. L’affaire commence à s’ébruiter en ce début de mois d’août.

C’est le site Dailydot qui a ébruité l’affaire le 4 aout dernier. Quelques jours auparavant, Taso Du Val, CEO de Toptal rendait l’affaire publique sur leur blog. Dans les grandes lignes, LinkedIn a censuré des publicités de la société Toptal sous prétexte que la personne féminine présentée comme développeuse était trop séduisante.

I contacted you to you to notify that we had to reject the ads on the TopTal business ads account as many LinkedIn members complained about the women images you were using.

Florencia Altara

Florencia Altara qui vient d’accéder à la postérité grâce à LinkedIn (via Toptal).

L’image en question est présentée ci-contre. J’admet que la personne est fort charmante et la photo est assez neutre et ne laisse pas entendre si il s’agit une image provenant d’une banque ou d’une employée de Toptal. Il est courant qu’une entreprise informatique utilise des photos provenant de banques d’images, et il est encore plus courant de faire appel à certaines catégories du personnel pour d’autres contextes dans le cadre de photos promotionnelles.

Le problème est que Florencia Altara, la jeune femme de cette photo, est bien, d’après Toptal, développeur front-end. Il ne s’agit pas d’une photo de banque d’image, il ne s’agit pas de l’assistante de direction. Mais pour un certain nombre d’informaticiens, cette photo, surtout dans le contexte de la publicité, est bien trop aguicheuse. Dailydot a pointé un fil sur Hacker News où les intervenants reprochent ce caractère, allant même supposer que cette photo associé au tarif hebdomadaire laisserait sous entendre des services bien différents

I’m not sure about you, but to me, these ads feel like they could easily be selling sexual services if you don’t look closely and notice the words « developer » and « engineer ».

En d’autres termes, si une femme est en photo sur une publicité sur un site technique, associée à un tarif, il est évident de penser que c’est de la prostitution, il est nécessaire de bien faire attention à l’annonce pour lever toute ambiguité.

Bien entendu, nous avons le scénario classique. LinkedIn supprime certaines publicités, Toptal proteste, LinkedIn les réactive puis les supprime toutes et inactive le compte de Toptal. Toptal rend l’affaire publique, elle est relayée, et évidemment, LinkedIn réactive le compte, s’excuse car tous ces refus ne sont issus que d’une erreur…

But LinkedIn spokesmah Fenot Tekle informed the Daily Dot by email late Friday night that the ads « were rejected in error » during a « standard review process. » (Sur Dailydot).

Bien entendu, les rejets étaient une erreur, les réponses aux mails qui demandaient de retirer les publicités avec une personne féminine étaient une erreur, l’inactivation du compte Toptal était une erreur…

Actuellement, Toptal a une manière étrange de gérer la communication autour de cet évènement. Ils ont dans un premier temps diffusé sur leur blog d’autres photos incriminés dont certaines provenaient de banques d’images. Depuis, elles ont été retirées. Certaines interventions également. Il est difficile de ne pas penser qu’ils ont tout de même joué sur le coté attractif du personnel féminin.

 the women were just too attractive to make the ads look authentic.

Cependant, cela n’excuse pas la réaction de LinkedIn et de la communauté de « développeurs« . On reproche le manque de parité dans certains milieux, on s’interroge quand à savoir pourquoi les femmes ne sont pas attirées par certaines disciplines. Ce genre de réaction donne la réponse : ces « chasses gardées » de métiers de Mec au sein duquel si une femme rentre, c’est une prostituée, érige lui même la barrière qui fait fuir les femmes.

Le pire, c’est qu’après cette histoire, c’est la réputation de LinkedIn qui risque d’en pâtir.

Non, je ne conclurai pas par un « qu’en pensez vous », certaines femmes me répondront qu’elles vivent ce sexisme tous les jours de part leur métier, des pseudo-développeurs me répondront que non, nous ne parlons pas ici d’une ingénieur ni d’une vrai développeur car elle fait du HTML/CSS, et que non, on ne va pas bosser dans cette tenu mais avec un T-Shirt de Hardcore pas lavé depuis 10 jours.

À propos de... Darko Stankovski

iT guy, photographe et papa 3.0, je vous fais partager mon expérience et découvertes dans ces domaines. Vous pouvez me suivre sur les liens ci-dessous.