Dans un billet précédent, j’avais écris un article remettant en cause la notion de rangement de ses photos dans des répertoires. L’idée est de ne plus considérer une photo comme un simple fichier mais comme une réelle ressource numérique. Cette notion est la base pour ne plus se laisser déborder par sa collection de photos. Mais cette notion de ressource numérique est difficile à appréhender, aussi, je consacre ce billet à vous l’expliquer.

La difficulté de compréhension vient du fait que depuis la vulgarisation de l’informatique, nous sommes habitués à manipuler des fichiers. Après tout, en informatique, tout ce que nous considérons comme un document est géré sous forme de fichier. Les systèmes d’exploitation nous informent du type du fichier, donc de son contenu, que nous décrivons par son nom. Enfin, nous savons que nous pouvons ranger nos fichiers dans la structure hiérarchique des répertoires qui sont eux même décrits par leurs noms.

Si nous comparons à une situation avant l’ère du numérique, nous pouvions ranger nos photos dans des boites à chaussure sur une étagère dans la bibliothèque du salon au milieu d’autres livres. Par analogie, le salon est un répertoire du système de fichiers qu’est l’appartement. La bibliothèque est un sous-répertoire du salon. Vous pouvez considérer que chaque étagère est également un sous répertoire de la bibliothèque, et évidemment, chaque boite à chaussure est également un répertoire contenant les fichiers que sont les photos. La bibliothèque contient également d’autres types de fichiers que sont les livres.

Ainsi, notre facilité d’adoption du principe de gestion de fichiers vient de l’analogie avec les usages dont nous avons l’habitude. Il n’y a donc aucun problème à reproduire ce que nous avons l’habitude de faire et pour beaucoup, cette solution est suffisante.

Mais cette approche a plusieurs défauts. La première est que cette gestion passe par le gestionnaire de fichiers. Mais celui-ci n’offre un accès facile qu’aux informations de base d’un fichier. Or ce qui nous intéresse le plus dans une photo, c’est son contenu. Ce n’est finalement que très récemment que l’affichage de miniatures à la place d’un icône s’est généralisée mais en elle même, elle est insuffisante. Nous avons besoin d’avoir un aperçu rapide des images. Enfin, au niveau du système d’exploitation, vous pouvez rechercher un fichier en fonction de son nom, mais également en fonction de son contenu si il s’agit d’un document texte. On aimerai pouvoir rechercher une photo par son contenu, mais de base, ce n’est pas possible. D’où la notion de ressource numérique.

Une ressource numérique est à mon sens une mauvaise traduction du terme anglais Digital Asset. La traduction d’Asset devrait être possession, patrimoine (d’après Harrap’s), et c’est bien de cela dont on parle. Avec ce qui s’appelle le Digital Asset Management, on cherche à gérer son patrimoine numérique. Dans le cas des photos, on est en réalité proche de la gestion de contenu (Content Management) qui est de manière générale, la gestion de documents. En quoi la gestion d’un document diffère de la gestion d’un fichier ?

Comme je vous l’ai présenté, la gestion d’un fichier ne se limite qu’à des informations de base, communes à tous les types de fichiers. La notion de document va ajouter un ensemble de métadonnées, un ensemble de données qui vont décrire le fichier. Pour les photos, il existe un ensemble de métadonnées normalisées comme par exemple les données EXIF qui sont incorporées à la photo par l’appareil à la prise de vue et qui contiennent des données techniques. Les données IPTC, contiennent pour leur part des informations liés à la description, l’auteur ou le copyright.

Malheureusement, les gestionnaires de fichiers ne gèrent pas ces métadonnées, qui sont en outre souvent stockées en dehors du fichier image. Il faut donc passer par des logiciels spécialisés. L’intérêt immédiat est une gestion simplifiée de ses documents. Le désavantage est que la gestion du fichier par le gestionnaire devient plus complexe. En effet, les gestionnaires de documents utilisant une base de données pour indexer les métadonnées, il ne connait qu’une référence vers le fichier image. Il faut donc s’assurer que cette référence sera mise à jour lors d’un déplacement du fichier par exemple.

Les principaux outils grand publique permettant la gestion de photos sont Lightroom (Windows et OsX), Aperture (OsX) et Digikam (Linux, Windows et OsX) pour les plus complets. iPhoto (OsX) et Picasa (Windows et OsX) sont également de bonnes solutions. Ils ont chacun leurs particularités qui font que je n’irai pas plus loin dans ce billet.

En conclusion, si vous êtes à l’aise avec un système de classement de vos photos sous forme de fichiers et que cela vous suffit, vous n’avez pas de raison de changer. Si vous avez besoin de gérer ces photos, que vous n’arrivez pas à contrôler votre collection ou simplement que vous voulez être plus productif et plus performant, alors il faudra envisager d’utiliser ces outils spécialisés. Si vous n’êtes pas familier avec ce type d’outils, vous pouvez évidemment vous inquiéter d’une dépendance vis à vis de ceux-ci. Dans la pratique, cette dépendance sera minime. Le détail nécessite un billet à lui tout seul, aussi, j’y reviendrai.

Enfin, pour ceux qui souhaitent aller plus loin dans les notions de gestion de ressources numérique lié à la photo et qui sont à l’aise en anglais, je ne saurai que vous conseiller l’ouvrage The DAM Book: Digital Asset Management for Photographers de Peter Krogh.

À propos de... Darko Stankovski

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