App Store, Google Play… Autant d’opportunites pour les développeurs. Grâce à ces services, tout développeur qui a une idée peut développer et publier une app sans avoir à monter un réseau de distribution, sans avoir à composer avec une direction qui ne croit pas en ce projet, avec un service Marketing qui trouve ça sympa mais il faudrait penser à une intégration Facebook, avec des commerciaux pas intéressés car ça ne marge pas assez pour leur prime. Idéalement, le développeur souhaite rentabiliser son développement. Cet article présente les deux modes de financement les plus accessibles comportant le minimum de risques (comprendre, d’investissements et donc de risques de pertes).

Il y a plusieurs sources de revenus sur une plate-forme mobile, mais il y en a deux qui sont simples à mettre en place, qui s’appliquent à (presque) tous les cas et qui sont assez ubiquitaire quel que soit la technologie ou la plate-forme choisie. Il s’agit de la vente d’applications et le financement par la publicité.

Ce billet n’a pas pour objectif de mettre ces sources de financement en concurence pour degager la plus efficace car ce ne sera jamais à l’image de la réalité. Il n’a pas non plus pour objectif d’aider directement à choisir sa stratégie car elle dépend de chaque contexte, mais quelques pistes seront données en fin de billet.

Les sources de financement.

Les app payantes.

Il s’agit de diffuser l’application de manière evidemment payante. L’utilisateur qui souhaite profiter de l’app devra donc payer avant l’utilisation. C’est une source de revenu fixe (une vente générera toujours le même revenu) directement proportionnel au nombre d’utilisateurs.

Notons que si l’expression application payante laisse supposer une vente de l’application, ce n’est pas exactement le cas. Comme pour tout logiciel, c’est le droit d’utilisation qui est vendu, pas l’application en elle même.

La difficulté pour générer un revenu à partir d’une app payante est de convaincre l’utilisateur de… payer. Pour cela, il faut évidemment que l’app soit attractive et ai un prix correcte. Qu’est-ce qu’un prix correcte ? C’est probablement la notion la plus difficile à définir car il dépend du publique (un particulier sera moins enclin à payer qu’un professionnel), du type d’application et de la concurrence du secteur. Avec une forte concurrence d’applications gratuites financées par la publicité ou d’autres services, il est indispensable que l’application se démarque pour générer des ventes. Il est par conséquence peu envisageable de choisir ce type de diffusion pour une application non « finie ».

Le financement par la publicité.

Financer une app par la publicité consiste à insérer au sein de l’application des messages publicitaires. Les utilisateurs profitent gratuitement de leur app mais un revenu n’est généré qu’en fonction de la consommation de la publicité. Il s’agit d’une source de revenu dépendant non plus du nombre d’utilisateurs mais du nombre d’utilisations.

Sans entrer dans les détails du mode de financement par la publicité, celle-ci ne sera rentable que si l’app à de l’audience. Sans audience, pas d’affichage, sans affichage, pas de décompte ou pas de probabilité de click. Ainsi, contrairement aux applications payantes, une application financée par la publicité ne générera un revenu que si elle est utilisée. Et par utilisée, il faut comprendre une interaction entre l’utilisateur et l’app afin que la publicité lui soit affichée. Si l’app n’est composée que d’une fenêtre de parametrage pour un service ou un widget, ou si elle n’est destinée à une utilisation peu fréquente, ce mode de financement ne générera au mieux qu’un revenu très faible.

Dans la pratique, il est possible d’imposer de la publicité en dehors des fenêtres de l’application en utilisant des régies qui utilisent les systèmes de notification de la plate-forme. Cette forme de publicité étant intrusive, elle risque d’être mal perçue par l’utilisateur, ce qui peut le conduire à la suppression pur et simple de l’application.

Une autre limite du financement par la publicité est la capacité du terminal à l’afficher. Il faut en effet que l’utilisateur soit connecté afin que la régie puisse envoyer et comptabiliser la publicité. Il faut également qu’elles ne soient pas bloquées par une application anti-pub.

Les différents modes de financement ont donc évidemment leurs avantages et leurs inconvénients avec lesquels il faut composer.

Payant ou gratuit, une question de contexte d’utilisation.

Pour choisir le mode de financement le plus adapté, il faut bien maîtriser le contexte d’utilisation de l’application et principalement les habitudes et attentes de l’utilisateur. Une application business qui permet d’optimiser son temps ou son activité aura plus de chances d’être vendue, et chère. Un énième jeu de lancer d’oiseaux, quasiment aucune. Une application utilisée très ponctuellement ne générera que peu de revenus via la publicité, mais une application frequamment utilisée… n’en générera pas forcément plus.

De manière plus générale, on doit aussi avoir à l’esprit les retours et les études des différentes plate-formes. Sur Android, il semble difficile de rentabiliser son application par la vente. C’est également sur cette plate-forme que l’utilisateur trouvera le plus d’outils pour bloquer la publicité. On peut argumenter que c’est Android qui possède la plus grande part de marché et équipe les masses incapables de réaliser ces bidouillages. Mais sont elles des consommatrices d’apps ?

Ces informations doivent être connues et serviront de référence pour le lancement d’une app tant qu’on ne possède pas d’une étude de marché. Par la suite, il faut se concentrer sur le retour de ses utilisateurs.

Il est difficile de conclure un article sur le financement des applications en laissant une opinion optimiste. Non, générer un revenu d’une application n’est pas automatique et les success story sont relativement rare. Mais comme pour les sites internet, il faut essayer, observer l’accueil et corriger le tir. Il n’y a pas de formule toute faite et de stratégie passe partout. Quelle que soit l’option choisie, un certain revenu pourra être dégagé (attention, les régies publicitaires ne vous payent que lorsque votre revenu dépasse 10 $ ). Pour ceux qui publient une application développée pour se faire la main, le financement par la publicité est certainement le plus simple car ainsi ils ne freineront pas l’adoption de leur app et pourront espérer en dégager un petit revenu. Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, la réflexion ne doit pas s’arrêter là, ne pas simplement penser financement mais également rentabilisation.

À propos de... Darko Stankovski

iT guy, photographe et papa 3.0, je vous fais partager mon expérience et découvertes dans ces domaines. Vous pouvez me suivre sur les liens ci-dessous.