Les vacances de février arrivent avec leur rituel de départ aux sports d’hiver. Avant chaque vacances (sport d’hiver ou autre), j’ai le même dilemme : quel matériel photo emporter ? En tant que photographe, j’estime que mon reflex est indispensable avec évidemment quelques objectifs. Mais il faut admettre que ça peut vite devenir encombrant. Et à la montagne, nous avons déjà tout le matériel de ski à faire rentrer dans la voiture.

En tant que photographe, j’appréhende le risque de ne pas être prêt pour ma photo exceptionnelle. Mais l’erreur du débutant, c’est de trop emporter, de s’encombrer pour rien. Au fil du temps, on apprends à anticiper le besoin même si parfois ça conduit à quelques frustrations.

Mais il y a quelques années, c’est arrivé… J’ai emporté tout mon matériel pour rien. Alors j’ai fait l’essai l’année suivante. Et depuis quelques années, pour les vacances d’hiver, mon matériel photo reste à la maison.

L’angoisse de l’occasion perdue

La performance aérienne de la compagnie Retournamont pour les nuits romanes à Pons en 2014. Canon EOS 7D EF-S 15-85, f/5.6, 1/40ème ISO 1600 (D.Stankovski)

La plus grande crainte du photographe est de perdre l’occasion d’une photo exceptionnelle. Et malheureusement, il peut arriver que ce soit du fait de l’absence de matériel. Ça m’est déjà arrivé : se retrouver sur un spectacle aérien sans téléobjectif est assez frustrant bien que l’on essaye de gérer (photo ci-contre).

L’idéal serait d’avoir toujours sur soi tout son matériel, mais c’est chose impossible. Le 70-200 qui m’aurai été utile lors de ce spectacle rajoute plus de 2 kilos et un volume non négligeable.

Avec le temps, on apprends à évaluer son besoin, à faire des compromis, à définir ce qui est acceptable. Alléger son sac et réduire le volume est presque une nécessité. D’ailleurs, une de mes démarche en ce sens a été à une époque de compléter mon matériel par un compact avancé.

Les usages changent

J’ai observé (pour mes vacances d’hiver en particulier) que j’utilisais de moins en moins mon réflex pour les photos de vacances. Je transportais plus de 3 kg de matériel pour presque rien jusqu’à cette année où c’est arrivé : ce matériel, je l’ai vraiment transporté pour rien. Je suis pourtant rentré avec plus de 350 photos et plusieurs dizaines de vidéos. Mais pas une seule prise au réflex. Même pour la descente au flambeau (bon, ok, elles ne vaudraient rien mais même au réflex, c’est pas terrible).

Descente au flambeau en Chartreuse prise à l’EOS 7D en 2015 (D.Stankovski)

Si j’utilise de moins en moins le réflex, c’est bien entendu au profit du smartphone. Toute les photos de cet hiver là ont été prises avec l’iPhone. Pour les vidéos, c’est avec l’iPhone et la GoPro.

Je ne suis pas un fanatique de la notion de vrai appareil photo qui sous entend que seul le réflex, ou à défaut, un appareil photo « dédié » est le seul matériel acceptable pour faire une bonne photo. La majorité d’entre vous n’utilise certainement plus qu’un smartphone, mais les photographes qui sont équipés en matériel performant ont tendance à préférer ce dernier. Les possibilités et le résultat sont évidemment bien meilleurs. Alors qu’est ce qui a fait qu’un photographe comme moi a fini par se contenter du smartphone ?

Qualité, performance et réactivité

Ce sont les trois critères principaux qui me font choisir un appareil photo. La réactivité a été un critère qui m’a longtemps retenu sur l’argentique. La qualité des photos aussi. C’est aussi des critères qui me font préférer le matériel photo aux smartphones.

Sauf que les smartphones n’ont cessé de s’améliorer. Bien entendu, cela dépend de la gamme du matériel, mais coté réactivité et performance, les smartphones n’ont plus rien à envier à leurs grands frères.

Un concours de saut pris à l’iPhone 7Plus au zoom x2 (D.Stankovski)

Coté qualité, ça peut-être plus discutable. Si les smartphones haut de gamme permettent aujourd’hui de réaliser des photos en RAW (pour une édition optimale), ils sont limités par leur optique. Un smartphone ne permet donc pas de réaliser une photo en toute condition.

Encombrement, disponibilité et suffisance

Indéniablement, comparé à un réflex ou même à un compact haut de gamme, le smartphone reste moins encombrant. En conséquence, vous l’avez toujours sur vous et de manière accessible. Vous connaissez l’expression: le meilleur appareil, c’est celui que l’on a sur soi. Sous-entendu, c’est celui qui prendra la photo. En vacances, vous avez certainement toujours un sac mais quand vous sortez pour une activité potentiellement casse-gueule, vous n’allez pas prendre un encombrant reflex et ses fragiles objectifs. J’avoue ne pas être très à l’aise avec un iPhone dans la poche mais je le serai encore moins avec un 7D dans le sac. Sans compter que pour prendre votre photo, il faut sortir l’appareil qui a évidemment glissé sous l’écharpe, pique-nique, whatever.

Un smartphone permet également de gérer sa photothèque.

La photo ne se limite pas à la prise de vue. Les photos, il faudra les trier, peut-être les corriger, pouvoir les visionner et certainement les partager. Un reflex est incapable de toutes ça. Alors, soit vous accumulez du travail pour le retour de vacances, soit vous vous encombrez en plus d’un portable et tout ce qui va avec.

Un smartphone aujourd’hui remplace aussi un portable. Consultation, tri, ajustements, partage… Toutes ces fonctionnalités sont présentes. Trier et classer ne sont pas les étapes les plus passionnantes de la photo, si nous pouvons les faire au fil de l’eau, c’est toujours ça de gagné.

Plus que de la photo

C’est deux fonctionnalités particulières de l’iPhone 7Plus qui m’ont fait définitivement abandonner le reflex (elles sont certainement disponibles sur d’autres appareils évidemment).

Même dans des conditions difficiles, un Smartphone arrive à s’en tirer. Ici, grand blanc en Chartreuse (D. Stankovski)

Pour commencer, c’est le zoom optique x2. Zoom x2, ce n’est pas grand chose, mais ça aide. L’autre, c’est les live photos qui enregistrent en même temps que la photo une petite vidéo de 2,5 secondes. C’est court, ce n’est évidemment pas une vidéo bien qu’on puisse trouver des plans pour un montage, mais c’est un souvenir sympa.

Viennent ensuite les autres fonctionnalitées comme prendre une vidéo et des photos en même temps (mon EOS 7D freeze la vidéo lorsque je prends une photo en même temps), générer des panoramas, prendre des photos HDR… Avec les apps qui vont bien, je peux également générer des photosphères.

C’est vos usages, vos critères

D’une certaine manière, cet article est une réaction aux puristes qui soutiennent une certaine pratique de la photo et de la perfection de celles-ci. Certes, une photo au smartphone ne permettra pas un post traitement au pixel près pour obtenir une photo aux couleurs parfaitement calibrées. Mais à quoi ça sert pour des photos qui ne seront vues que sur des écrans non calibrés à la va-vite ? Si encore nous faisions des projections ou des tirages grand format. Mais un particulier n’aura jamais la chaine de production parfaite même pour un livre photo.

Donc ne vous posez plus trop de questions et ne vous laissez pas imposer des contraintes exagérées. Pour vos prochaines vacances, faites une retrospective de vos anciennes photos. Regardez comment vous les avez prises. Leur résultat. Vous pourrez évaluer de quel matériel vous aurez réellement besoin. Ne vous encombrez pas si ce n’est pas nécessaire et privilégiez le matériel qui vous servira.

À propos de... Darko Stankovski

iT guy, photographe et papa 3.0, je vous fais partager mon expérience et découvertes dans ces domaines. Vous pouvez me suivre sur les liens ci-dessous.