C’est donc publié aujourd’hui au Journal Officiel, le terme français pour Hashtag est… mot-dièse

Inutile de dire que le web… pardon, la toile s’est enflammée sur le sujet. Déjà sur le qualificatif de ce mot et surtout le « dièse ». En effet,Rue89 relève qu’il s’agit d’un croisillon et non d’un dièse. Nous avons alors de beaux renvois vers des explications plus détaillées sur l’usage du croisillon.

Mais après tout, la notion de dièse par rapport au croisillon n’est pas si choquante. Après tout, le terme Hashtag fait référence à la Hash Key« # ». Mais qui utilise le terme de croisillon ? Aujourd’hui, beaucoup de monde. Il est d’usage pour toute publication de ce type de la juger ridicule en étant exagérément puriste. Exagérément ? Oui. Prenons le langage C# de Microsoft et faisons une recherche de « C dièse » et « C croisillon »… Peut on faire de même pour « hashtag dièse » ou « twitter dièse » ? Plus aujourd’hui, vous allez être submergés de la news du jour. Il st vrai que la comparaison avec C# peut être un peu maladroite car Microsoft joue sur le terme musical (do dièse pour les incultes) mais le caractère utilisé est un croisillon, pas un dièse.

On notera cependant que la page Wikipedia de Twitter parle bien du symbole comme d’un croisillon.

Hashtag dans Instagram

Les hashtags dans Instagram.

Reste la première partie du mot mot-dièse. Et bien, on perd en fait toute signification fonctionnelle… Pour comprendre, revenons à l’usage du hashtag. Il est commun d’attribuer l’origine du Hashtag à Twitter. Enfin, pas à Twitter mais à ses utilisateurs qui auraient repris l’usage des canaux IRC. Le hashtag est utilisé depuis sur les réseaux sociaux Twitter, Instagram et Google+ pour ne citer que ceux-ci. Il permet principalement de filtrer les posts par sujet ou thème. Ceci est un réel besoin sur un média qui ne fonctionne qu’en flux global. Sur ces médias, le hashtag devient un mot « clickable » qui permet de n’afficher que les posts contenant ce hashtag. Ainsi, les québécois ont préféré le terme de « mot-click » .

Pourquoi pas, mais est-ce l’usage ? Quand on poste un message sur Twitter, Instagram ou Google+, on cherche à être lu. Le Hashtag sert donc à qualifier le message exactement comme les mots clefs sur les blogs. Mais le click n’est qu’un moyen d’accéder à ce flux d’information, si vous avez un thème de prédilection, de nombreux clients Twitter permettent de configurer des vues paramétrées sur ces tags. Il n’y a plus de click sur le mot.

Ainsi, le terme anglais est celui qui définit mieux ce mot : tag, « étiquette ». Le « click » en lui même n’est qu’une exploitation technique de ce qualificatif (vous pouvez clicker sur les tags/étiquettes des blogs) parmi d’autres. Si on veut être puristes, sur un Smartphone ou une tablette, on ne click pas, on « tap » (tapote). Mais si autant le « mot-click » quebecois était acceptable, autant « mot-dièse » n’en a pas retenu la signification de ce terme alors qu’elle fait parti de la définition.

Mot-dièse aura généré une belle activité sur la toile. Oui, j’y participe avec ce billet. Pour ma part, je comprends la volonté de franciser les termes anglophones, je suis prêt à les accepter et à faire l’effort de les utiliser. Mais Mot-Dièse est une réelle erreur. J’ai conscience de la difficulté de la décision (mot-étiquette est bien entendu trop long, motiquette peut être ridicule… quoique…). Mais pour ma part, j’ai l’impression que nos élites commencent à ne plus comprendre ce qu’elles définissent.

Vous, vous allez passer au mot-dièse ?

À propos de... Darko Stankovski

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