Il y a quelque jours, un billet sur l’étude de la rentabilité des applications sur les plate-formes Android et iOs a fait pas mal de bruit. La raison principale étant la remise en cause indirecte de la suprématie d’Android. Evidemment, des réponses des pro-Android ne sont pas fait attendre. On pouvait s’attendre à des disputes de fan-boys, mais qu’en est il vraiment ?

L’évaluation initiale ne repose que sur le chiffre d’affaire généré par les applications payantes. Ce point étant dénoncé par les pro-Android, et est cohérent avec le fait qu’il y a moins d’applications payantes sur l’Android Market que sur l’AppStore. Pourtant, il s’agit du seul critère réellement estimable. Il est quasiment impossible de chiffrer des revenus publicitaire sans connaitre le détail de la distribution et de l’utilisation de l’application. Il en va de même pour l’in-app purchase, bien que certaines applications soient dédiées à cette fin (application de voyagiste, réservation en ligne…). Mais cette source de revenus n’est pas généralisable à tout développeur d’application, nous somme plus dans le contexte d’une activité commerciale qui exploiterai un autre canal.

Là dessus, existe il d’autres chiffres pour inverser les tendances ? Malheureusement, non. Quelque soit les réactions que l’on essaye de suivre, les références pro-Android n’ont rien d’autre que le nombre d’utilisateurs ou la comparaison au niveau des Smartphones. Mais en analysant un peu l’existant, quelle tendance dégager ?

Android est bel et bien actuellement le système d’exploitation de Smartphones le plus répandu, et pour la France, c’est souligné par cetarticle sur Developpez.com. Sans chiffres réels et par estimation pifométrique pur basé sur des années de fréquentation du RER parisien, on peut aussi observer que les présentations Android au dernier Devoxx on fait salle comble. Il y a des utilisateurs, il y a des développeurs intéressés. Mais cela ne fait pas un marché. Connaitre le nombre d’utilisateurs d’un système est une information intéressante pour le vendeur du système. Pour un développeur (je confond volontairement ici la notion de développeur et d’éditeur de logiciel, dans le cas d’applications mobiles, c’est souvent le cas) qui cherche une certaine rentabilité, ce qui est le plus important, c’est le nombre de consommateurs potentiels. Dans cet objectif, une évaluation de la population spécifique à son marché est beaucoup plus importante que la population globale. Ainsi, un autre article sur Developpez.com montre que l’iPhone est le Smartphone le plus utilisé en entreprise. Donc bien qu’un Smartphone sur deux soit sous Android, si vous ciblez le marché de l’entreprise avec une application généraliste, votre priorité ira vers l’iPhone.

Maintenant, voyons quelles sont les possibilités de rentabiliser son développement :

  • Application payante : il faut donc que votre cible soit un potentiel acheteur prêt à débourser quelques euros pour une application. Tout possesseur de Smartphone n’est pas un acheteur potentiel. En effet, dans la population des utilisateurs, ceux qui ont acheté un appareil à 1 € ne dépenseront pas un centime pour une application. Il en va de même pour les connaisseurs qui vont rooter leur appareil et préférer le Blackmarket. De combien cela réduit le marché ? Personne ne fournit de chiffre là dessus, mais les sous entendus confirment que sous Android, il s’agit d’une part importante. Le Jailbreak existe aussi sous iPhone, mais serait moins important.
  • La publicité : beaucoup d’applications gratuites essayent de se financer par la publicité. Mais pour être rentable, il faut une large population d’utilisateurs qui potentiellement click sur la bannière. Pour les pro-Androids, il s’agit de la voie de rentabilité toute tracée sous Android, des exemples démontrant la viabilité du modèle. Mais ces exemples sont rares. Quand on s’appelle Rovio et qu’on a plusieurs centaines de millions de téléchargements, la théorie d’applique. Si vous êtes dans une niche, c’est autre chose. De plus, ceux qui vont rooter leur Android vont généralement ajouter un bloqueur de publicités, empêchant alors tout revenu.
  • In app purchase : là il s’agit d’un cas un peu particulier, où il s’agit de proposer des achats via l’application. Lorsqu’on a déjà une activité commerciale et que le Smartphone est un nouveau canal, tout utilisateur est un potentiel consommateur, sauf si vous connaissez déjà le profile de votre clientèle. Si il s’agit d’un nouveau service, les considérations sont les même que pour les applications payantes : est ce que les utilisateurs vont réellement consommer vos services ? Et plus globalement, la question sera :est ce que le canal mobile sera utilisé ou non ?

On a longtemps vendu les places de marché mobile comme un Eldorado, mais force est de constater que les choses ne sont pas si simples et que les règles de base du commerce s’appliquent : ce n’est pas parce que vous êtes sur la rue la plus passante que les clients vont rentrer dans votre boutique, ce n’est pas parce qu’ils y rentrent qu’ils vont acheter quelque chose. Et vous n’échapperez pas non plus au vol à l’étalage. Alors est-il plus rentable de développer pour Android ou pour iOs ? Je ne fournirai pas de réponses dans cet article, mais pour rentabiliser un développement Android, il faut avoir à l’esprit que :

  • Les ventes d’applications se révèlent peu rentables. Les développeurs font des retours assez négatif de la rentabilité des ventes des applications sur la plate-forme Android. Il faut aussi avoir à l’esprit que votre application se trouvera rapidement sur les blackmarkets et vous ne toucherez rien sur ces ventes.
  • Les publicités ne sont efficaces que si elles touchent un grand nombre. Pour espérer dégager un certain revenu, il faut donc avoir une application massivement téléchargée et massivement utilisée. Attention également au fait que tout appareil rooté avec bloqueur de publicité ne vous générera jamais le moindre revenu. Dans vos développements, c’est aussi un cas à prendre en compte.

Et surtout donc, il faut avoir réalisé son étude de marché pour savoir sur quelle plate-forme se situe le marché. Trey Ratciff a essuyé de nombreuses critiques de la part d’utilisateurs Android lors de sa récente mise à disposition de son application Stuck on earth, mais sa réponse était bien que le marché est sur l’iPad, que le publique des photographes équipés d’une tablette, le sont avec un iPad.

Et vous, comment rentabilisez vous vos développements sur quelle plate-forme ?

À propos de... Darko Stankovski

iT guy, photographe et papa 3.0, je vous fais partager mon expérience et découvertes dans ces domaines. Vous pouvez me suivre sur les liens ci-dessous.